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“Tout en se révélant à lui-même à travers son œuvre, l’artiste rendait visible aux autres sa percée dans l’inconnu ”
Gérard de Nerval
La série Surimpressions balnéaires, explore les frontières de la perception par un jeu de superposition de deux films positifs couleurs. L’espace temps se dédouble et le réel bascule de l’autre coté du miroir. Des architectures flottent, libérées de la pesanteur. Des corps se fragmentent, se multiplient, s’enchevêtrent en une chorégraphie silencieuse. Des jeux de symétrie, composent des effets kaléidoscopiques où l’œil se perd. La photographie devient un théâtre surréaliste, peuplé de doubles et de paysages oniriques.
Chaque image, fruit d’un dialogue alchimique entre deux instants figés sur pellicule, exige une observation active. Il faut plonger, zoomer sur un détail puis dézoomer pour embrasser l’ensemble. Comme l’écrit Jean Klein : «Quand tous les points se sont fondus les uns dans les autres, vous avez une sorte de représentation géométrique de la totalité qui se dissout dans une perception globale, dans notre propre harmonie, et il y a alors l’expérience esthétique*». Ici, la photographie devient méditation : elle trouble les repères et transforme le regardeur en explorateur d’un territoire infini.
Entre hommage à la photographie expérimentale des avant-gardes et ode à la poésie du quotidien, cette série célèbre la matérialité de la lumière et l’aléatoire contrôlé de la surimpression. Les rouges profonds, les bleus vibrants et les jaunes solaires de l’Ektachrome s’épousent ou se heurtent, créant des accidents chromatiques où le hasard se fait démiurge. Les vides, les flous et les transparences ne sont pas des défauts, mais des interstices où l’imaginaire s’engouffre.
* Transmettre la lumière, Jean Klein. Ed du Relié

































